Canada |

|

Obésité dans le milieu de travail — lorsque la stigmatisation entrave le travail

Par Dr. Ximena Ramos-Salas |  Publié 11 Octobre 2018

 


Nous marquons aujourd’hui la troisième Journée mondiale de l’obésité. D’ici l’an 2025, nous estimons qu’il y aura 2,7 milliards de personnes souffrant de surpoids ou vivant avec l’obésité1. Bien que ce chiffre en dit long sur un problème de santé à l’échelle mondiale, il omet de mettre en évidence un autre problème répandu et croissant : la stigmatisation liée à l’obésité. En 2015, l’Association médicale canadienne a déclaré que l’obésité est une maladie chronique, en fonction de sa capacité à diminuer l’espérance de vie et affecter les fonctions normales du corps2. Pourtant, malgré cette classification, l’obésité est souvent perçue comme un problème lié à la gestion du poids ou au style de vie. L’idée selon laquelle l’obésité est « simplement un problème de poids » est commune dans nos écoles, les médias, les centres sociaux et les milieux de travail. À Novo Nordisk Canada, nous sommes engagés à faire évoluer la conversation sur l’obésité. Pour éliminer la stigmatisation, nous devons aborder les notions préconçues, organiser des discussions et mobiliser des ressources qui sont inclusives et ouvertes à tous les employés. 

Souvent, l’obésité peut aussi entraîner des effets négatifs sur la productivité d’une organisation. Les employés qui vivent avec l’obésité ont généralement un taux d’absentéisme plus élevé, avez 77 % plus de journées de travail manquées, et sont plus susceptibles de présenter une invalidité à court et long terme3.

Quoiqu’une partie de cet absentéisme soit liée aux comorbidités physiques et mentales associées à l’obésité, l’absentéisme peut aussi être lié aux préjugés dont font l’objet les personnes obèses dans le milieu de travail. Les employés qui font l’objet de préjugés au milieu de travail peuvent se sentir isolés et marginalisés, ce qui peut causer des comorbidités psychosociales. Un exemple de préjugé contre les personnes obèses est d’avoir des attentes moindres de ces personnes à cause des stéréotypes sociaux selon lesquels les personnes obèses sont paresseuses, peu intelligentes et manquent de volonté; ou lorsque des programmes de santé et de bien-être d’une entreprise promeuvent involontairement le préjugé contre l’obésité, ce qui peut faire en sorte de causer de l’angoisse, de la peur ou du jugement chez les employés4. Réfléchissez à ce qui se passe, par exemple, lorsque des programmes de bien-être soulignent seulement la perte de poids et non la santé et le bien-être. Souvent, les personnes obèses se sentent ciblées par ces programmes d’amaigrissement, ce qui peut entraîner des sentiments de honte et de culpabilité, affectant ainsi leur bien-être psychosocial. Au lieu de cibler la perte de poids, les programmes de bien-être devraient se concentrer sur la création d’un environnement sain pour tout le monde. Les employeurs doivent être conscients des stéréotypes sociaux profondément enracinés associés à l’obésité pour prévenir les préjugés au travail.

Selon Mme Ximena Ramos-Salas, Ph. D., directrice générale d’Obésité Canada, le préjugé lié au poids est répandu dans notre société et n’est que très peu remis en question. Par conséquent, la stigmatisation est profondément enracinée dans notre société, y compris nos milieux de travail. Cette stigmatisation peut devenir un facteur perturbateur au travail, touchant le rendement, la culture et le moral.

Pour réduire la stigmatisation, nous devons réévaluer les ressources et les soutiens fournis par les employeurs. Les compagnies peuvent agir comme agent de changement en créant des environnements de travail favorables. Ceci signifie investir dans des ressources et des initiatives qui soutiennent la conciliation travail-vie personnelle, une alimentation saine, une activité physique régulière, la gestion du stress et des traitements contre l’obésité. Éduquer davantage les employés sur l’obésité favorise aussi les changements au niveau de l’entreprise. Les communications aux employés doivent expliquer pourquoi l’obésité, comme toute autre maladie chronique, nécessite des traitements personnalisés. Les programmes de santé et de bien-être doivent inclure des renseignements et ressources provenant de spécialistes de l’obésité et de professionnels de santé certifiés4. Les individus souffrant d’obésité doivent participer au développement des programmes de l’entreprise pour s’assurer que leurs besoins sont abordés d’une façon exempte de tout jugement. L’élimination de la stigmatisation commence par un engagement à éliminer les stéréotypes et promouvoir l’éducation au foyer, à l’école et au travail, et cet engagement a le potentiel de changer l’avenir de la santé des Canadiens à l’échelle nationale.

Pour obtenir plus de renseignements, visitez obesitycanada.ca/fr/


Références :

  1. World Obesity Federation. World Obesity Day Data Released. Disponible sur www.worldobesity.org/news/world-obesity-day-data-released/.
  2. Rich, Pat. (9 octobre 2015). L’AMC reconnaît l’obésité comme une maladie. Disponible sur https://www.cma.ca/fr/pages/cma-recognizes-obesity-as-a-disease.aspx.
  3. Beech, Sarah. (11 avril 2017) Obesity’s toll on the workplace – and how to fix it. The Globe and Mail. Disponible sur https://www.theglobeandmail.com/report-on-business/careers/leadership-lab/obesitys-toll-on-the-workplace-and-how-to-fix-it/article33099896/
  4. Novo Nordisk Canada Inc. (Novembre 2015) L’obésité est une maladie chronique, Toronto, CA.

À propos de l’obésité

Un adulte Canadien sur quatre et un enfant sur dix sont obèses au sens clinique, c.-à-d., six millions de Canadiens obèses peuvent avoir besoin d’un soutien immédiat pour gérer et contrôler leur poids.

En apprendre plus