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Ce que mon expérience du diabète m’a appris sur la façon de parler et de passer à l’action

Par Mario Miceli, Président de la défense des intérêts pour Diabète Canada C.-B./Yukon |  Publié le 27 août 2019


C’est quand j’ai passé une nuit terrifiante que je me suis rendu compte à quel point j’avais mal compris les risques de mon état.

C’était le milieu de la nuit, et je me suis réveillé couvert de sueur, confus et désorienté.

En me rendant à la cuisine pour composer le 911, j’ai vu ma trousse de test pour le diabète et j’ai décidé de vérifier mon taux de glycémie.

Ce n’était pas une crise cardiaque; c’était une crise d’hypoglycémie, ce qui arrive lorsque le taux de glycémie est très bas. Cela s’est produit à la suite d’un manquement dans la gestion de mon diabète.

C’était à ce moment-là que j’ai su que je devais changer ma vie.

 

Où tout a commencé

Neuf ans plus tôt, j’avais reçu un diagnostic de prédiabète. À l’époque, je ne connaissais pas bien la maladie et je ne comprenais pas tout à fait les risques qui accompagnaient cette nouvelle.

Le prédiabète, qui touche près de 6 millions de Canadiens, signifie que la glycémie d’une personne est plus élevée que la normale, mais pas assez élevée pour un diagnostic de diabète de type 2.

Mon médecin m’a dit que si je ne prenais pas en charge mon état, le diabète type 2 pourrait faire partie de mon avenir. Mais je ne me sentais pas différent et je ne ressentais aucun symptôme perceptible, alors cet avertissement ne m’a pas incité à prendre des mesures.

En plus de me sentir bien, j’étais nerveux à l’idée de reconnaître totalement mon prédiabète pour une autre raison. Travailler dans un environnement d’entreprise compétitif, la dernière chose que je voulais, c’était d’avoir l’air faible. J’étais déterminé à réussir et j’avais peur que si mes collègues savaient que je vivais avec le prédiabète, ils me jugeraient et pourraient croire que je ne pouvais pas répondre aux exigences de notre industrie.

Au lieu de réagir, j’ai continué à me concentrer sur ma carrière et mes obligations de famille, en pensant que si je me concentrais sur ma réussite au travail et à la maison, tous les choses se résoudraient.

 

Mon coup de semonce

Bien sûr, ignorer mon prédiabète n’a rien fait pour m’aider. En réalité, il a fait exactement le contraire. Quatre ans après ce premier diagnostic, mon médecin m’a informé que je vivais maintenant avec le diabète de type 2. Avec le type 2, le corps ne produit pas assez d’insuline ou ne peut pas utiliser correctement l’insuline qu’il produit et, par conséquent, le taux de glycémie ne peut être maîtrisé par le corps.

Je savais maintenant que je devais gérer ma condition, mais je n’en faisais toujours pas assez.

Ce n’est que cette nuit fatidique, avec ma trousse de test pour le diabète en main, que la réalité s’est vraiment installée.

C’est à ce moment-là que j’ai réalisé que, si j’essayais d’ignorer mon état, il n’allait pas disparaître. Non seulement cela, mais pendant tout ce temps, neuf ans après mon diagnostic initial, je me suis exposé de plus en plus au risque de complications supplémentaires. En fait, même si je ne tenais pas compte de mon état et que je ne m’occupais pas de mon diabète adéquatement, ma fonction rénale avait été gravement touchée.

 

Le bilan du diabète

Lorsqu’il n’est pas bien géré, le diabète de type 2 peut avoir de graves conséquences sur la santé. Les taux de glycémie élevés peuvent entraîner un certain nombre de risques de santé Pour moi, le fonctionnement de mes reins a été affecté pendant des années de glycémie non gérée. D’autres complications peuvent également inclure des problèmes de jambes et de pieds, des maladies oculaires et un risque accru de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral.

Pour les personnes vivant avec le diabète de type 2, comme moi, la maîtrise de la glycémie est une tâche permanente. De plus, les options de traitement comportent leurs propres complexités, de sorte que comprendre les avantages et les risques est un élément clé d’un plan de santé réussi.

Par exemple, je prends de l’insuline pour gérer mon diabète, ce qui me permet de bien maîtriser ma glycémie. Mais l’hypoglycémie est aussi un effet secondaire courant de l’insuline. Je me souviens à quel point j’étais effrayé cette nuit-là, me réveillant et réalisant que quelque chose n’allait pas, transpirant beaucoup et pensant que je faisais une crise cardiaque. Après avoir mesuré mon taux de glycémie et compris qu’il était faible, j’ai mangé un morceau de gâteau, je me suis de nouveau testé et j’ai vu mon taux augmenter. À l’époque, je ne savais même pas que je souffrais d’hypoglycémie. C’est pourquoi il est très important de connaître les avantages, mais aussi les effets secondaires potentiels, des traitements disponibles.

La prise en charge du diabète de type 2 exige beaucoup de travail et d’engagement. Mais avec l’aide de votre équipe de soins de la santé, il est possible de maîtriser la maladie, avec les bons traitements, une alimentation saine et de l’exercice.

 

Faire passer le message

Maintenant, mon approche du diabète ne pourrait pas être plus différente. J’ai pris sur moi d’en apprendre le plus possible sur la maladie, et je fais tout ce que je peux pour aider les autres à apprendre et à agir.

J’occupe le poste de président de la défense des intérêts de Diabète Canada C.-B./Yukon. Je parle de mon expérience du diabète et je plaide en faveur de partenariats stratégiques pour améliorer l’accès aux soins et aux traitements pour les personnes atteintes de cette maladie. J’ai aussi récemment partagé mon histoire dans un nouveau livre : En vos propres mots : Réflexions sur la vie avec le diabète.

Sachant ce que je sais maintenant, je comprends l’importance de parler du diabète. Je sais de première main à quel point ça peut être dangereux si le diabète n’est pas pris en charge. Les Canadiens doivent se sentir responsabilisés pour demander de l’aide à leur médecin, à leur famille et à leurs pairs. Cela pourrait vous sauver la vie.

Avec 11 millions de Canadiens vivant avec le prédiabète ou le diabète, les gens ont besoin de savoir qu’ils ne sont pas seuls avec leur condition et qu’ils peuvent vivre leur meilleure vie avec le diabète. Il n’est jamais trop tôt pour passer à l’action - faites-moi confiance, votre vie en sera d’autant plus meilleure.